Hey Hey My My
Entretien avec Hey Hey My My

  chroniques

Hey Hey My My - A sudden change of mood Hey Hey My My
A sudden change of mood

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Hey Hey My My


Après un premier album éponyme de fort bonne facture, les Hey Hey My My reviennent avec A sudden change of mood, album résolument rock et déroutant. Explications sur ce changement soudain.

Le titre de votre nouvel album, à paraître en avril, annonce un soudain changement d'humeur. On imagine que tout le monde va vous demander ça, mais qu'est ce qui est à l'origine de ce changement ?

Ben en fait, on a appelé ce disque comme ça parce que quand on compare le premier album et le deuxième, il y a une différence de sons : on est plus rock sur le deuxième. Et du coup après, le processus de création s’est fait sur 3 ans donc c’est vrai que c’est pas si soudain comme changement d’humeur, mais on voulait refléter le changement d’un album à l’autre sans parler en terme temporel. Donc pour nous, si tu essaies de mettre les deux albums à côté, il y a effectivement un truc assez soudain et comme un côté énervé, rock et un peu bourrin qu’on voulait refléter à ce niveau là.

Nous avons eu le privilège de pouvoir écouter cet opus et effectivement, il y a dans ce second album plus de sons électriques et de rock que dans le premier. Or, on le sait Hey hey my my, la chanson de Neil Young dont vous vous êtes inspirés pour nommer le groupe a deux versions : une version acoustique et une version rock. Coïncidence ou véritable attachement, dès le départ, à ces 2 facettes dans vos choix artistiques ?

En fait, ce n’était pas forcément dès le départ une chose à laquelle on pensait mais il se trouve que ouais, on suit de plus en plus ses traces finalement, puisque lui il a ces deux cotés : le côté un peu folk et le côté rock genre live tour us et toutes ces choses assez rock. Dans notre esprit ce n’était pas pour imiter, mais comme on avait déjà bien exploité notre côté acoustique sur le premier, pour le deuxième petit à petit on est devenu de plus en plus rock dans nos repéts, dans nos façons de faire nos démos. Evidemment, on aime bien Neil Young mais ce n’est pas du mimétisme.

En général, les groupes commencent leur carrière en affichant leur fougue dans un rock énervé et des textes sur l'envie, le doute, l'urgence adolescente puis s'assagissent et proposent des morceaux plus posés pour exposer leur maturité. Pourquoi faire les choses en sens inverse ?

Je ne sais pas si c’est une généralité ça mais en tout cas, nous on est déjà mature. On est vieux en fait ! On l’était même déjà à l’époque du premier album. De toute façon, on a un groupe qui s’appelle British Hawai qui fait plutôt du punk rock et qu’on avait aussi à l’époque de Hey Hey My My, donc chez nous les deux ont toujours coexisté. Ca ne nous semble pas être un truc si étonnant qu’il y ait cette différence. On ne voit pas ça comme un fonctionnement linéaire dans lequel on ferait un album comme ci, après un album comme ça parce qu’on aurait évolué. Dès le départ, on faisait des trucs très très bourrins et des trucs très doux. Donc voilà il se trouve que sur ce deuxième, c’est ce qu’on a mis en avant mais rien ne dit qu’on ne retournera pas à des choses plus acoustiques par la suite.



Sur Hey Hey My My, vous faisiez de la pop-folk. Sur ce disque, vous choisissez le rock. A chaque fois, le résultat est un travail rétro mais pas trop. Finalement, au delà des styles musicaux, votre marque n'est elle pas de proposer une musique intemporelle, quitte à être inclassable ?

Ce serait bien ! Ah ben de toute façon, on sait très bien qu’en termes d’image, on est assez fluctuant. Déjà sur le premier album, en live, on faisait des trucs différents de l’album lui-même. Du coup, oui, si ça pouvait être le cas ce serait tant mieux. Bon après je ne pense pas qu’on puisse être intemporel parce que dans la musique actuelle, on ne fait que recycler des choses du passé. En terme de création, on est arrivé à un stade où on a vu beaucoup de choses et il me parait difficile d’innover. Après, on peut innover en mélangeant et, je sais pas, en allant chercher des choses différentes.
De toute façon, tu peux retracer toute l’histoire de la musique, ce sera toujours ça le discours : ça vient, ça a été pompé de là, c’est la suite logique de… On travaille surtout sur ce qui nous plait. C’est vrai que là on s’est plus attardé sur le côté rock américain des années 90 qui nous plaisait à tous les trois.

Mais on n'a pas voulu copier, on a voulu se l’approprier. On a remarqué les similitudes après en fait. Mais ça dépend ! Par exemple, le single Not fun anymore est peut-être plus proche de Queen, un mélange de Queen et Grandaddy on m’a dit, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Enfin, il y a des gens à qui ça fait penser à Supergrass. Après il y a deux titres dans notre album qui sont beaucoup plus rock et simples, moins mélodiques. Enfin, y a un peu de tout. Non mais franchement, si on peut être classé comme inclassable justement, ce serait super ! Mais de toute façon, c’est toujours très difficile puisqu’à chaque fois qu’on fait une interview, on nous demande souvent nos influences ou alors on nous demande "si vous deviez résumer votre musique, ce serait quoi ?" et c’est toujours les questions les pires parce que ça veut dire : "Alors vous faites quoi ? Du rock ? Mais avant c’était folk, donc vous faites du folk-rock ? Vous faites du pop-rock-folk ?" C’est toujours difficile ! Donc j’imagine qu’on fait surement partie d’un courant, c’est évident, mais si on peut essayer de s’en échapper un peu c’est pas plus mal.

Hey Hey My My avait droit à une ré interprétation plus rock sur scène. Qu'en sera-t-il de ce Sudden Change of Mood déjà très rock en studio. Vous allez initier le "plus rock que rock" ?

(Rires) Non, non. On va surtout s’attarder sur le fait déjà de rejouer au plus près de ce qu’on a fait. Quelque chose de beaucoup plus fidèle au disque cette fois. On veut vraiment encore servir la chanson. On l’avait fait sur le premier mais effectivement en prenant la piste plus rock, plus "vous allez venir parce qu’il y a des bonnes chansons, mais vous allez vous prendre du son" parce que nous, si ça nous fait plaisir de le faire, c’est tout bête à dire mais c’est juste bien ! D’envoyer la patate sur scène, de créer quelque chose avec le public. Le côté écrin un peu folk et tout était très bien sur le disque et peut-être très bien dans ton salon, mais c’est vrai que sur scène, on a une énergie qu’on est habitué à avoir et qu’on voulait garder ! Là sur le disque, on a pas mal bossé pour qu’il y ait cette énergie parce que c’est pas évident de faire un disque énergique, et on veut garder cette énergie sur scène. Et dans le travail de préparation des concerts, ça reste pour l’instant hyper fidèle avec une énergie toute maitrisée. Les titres sont très maitrisés, dans le son aussi, je pense. Le jeu n'est pas facile, on a des problématiques qu’on n'avait pas jusqu’à présent, de chant, de choix d’instruments, de choix de guitare, de choix de clavier. Avant, on n'avait pas ces problèmes, il suffisait de brancher les deux guitares, la basse et la batterie et on pouvait interpréter. Aujourd’hui, on a d’autres contraintes qui font qu’on ne fera pas plus rock que rock. On fera juste quelque chose de super bien ! (Rires)

Merci à Judith et à l'Agence Waaa.