D
e manière particulièrement incompréhensible, les formations ayant pondu un premier album détonnant sont attendues de pied ferme pour le second. Bon, je vous l'accorde, dit comme ça, ça paraît on ne peut plus normal. Mais ce que je ne pige pas, c'est pourquoi les gens dégagent de manière quasi-systématique une envie incroyable de les voir se manger la marche dans les dents ?
S'il est vrai que ce phénomène se produit avec une probabilité non nulle, il ne faut pas non plus en faire une vérité générale. Surtout quand nos amis The Dodoz nous proposent un second jet d'une telle qualité. En règle générale, ceux qui se ramassent sont ceux qui tentent de tout changer, au risque de tout perdre. The Dodoz, eux, n'ont rien changé. Et ça change tout.
Confiants en (et conscients de) leurs forces, les toulousains nous proposent une nouvelle galette qui frôle la perfection, confirmant leur talent de composition dément et leur désinvolture magique. D'emblée, Death in the pocket of his coat nous assure qu'on est en présence d'une bombe : directe, percutante et bien sentie, cette piste est un concentré de ce dont sont capables The Dodoz. C'est racé, bien foutu, audacieux, ça sonne lourd (mais pas trop), le chant mixte fait encore une fois des ravages, la batterie tape juste, et, putain, que c'est bien trouvé. Et c'est bien ça qui ressort de ce Forever I can purr : les refrains sont aussi ravageurs qu'accrocheurs, et la structure des morceaux est cassée sans vergogne (Black Emperor, West coast), histoire de nous marteler des interludes en forme d'offrandes.
Mais ce qui nous impressionne le plus, c'est cette légèreté avec laquelle The Dodoz semble aborder sa musique. Les compositions sont riches et travaillées, mais livrées de manière si décomplexée qu'il est impossible de ne pas adhérer. Forever I can purr sonne comme l'un des meilleurs opus de cette année, et propulse définitivement The Dodoz dans la cour des grands. Dément.